|
Plusieurs milliers de personnes étaient réunies pour cette célébration qui aurait dû se tenir à la Cité de la Démocratie. Mais ce lieu fut réquisitionné deux jours avant par l’Etat pour un forum. Le rassemblement a donc eu lieu à l’église des Assemblées de Dieu du PK8, à Libreville.
Il avait pour thème : Le feu de la Pentecôte brûlera continuellement (Lévitique 6.6).
L’orateur principal fut le Rev. Dr. Lazarus Chakwera, président de l’Alliance des Assemblées de Dieu d’Afrique (AADA) et président des Assemblées de Dieu du Malawi. Les autres intervenants furent le pasteur David Mensah, président des Assemblées de Dieu du Bénin ; le pasteur Sebastian Obiang Abeso, président des Assemblées de Dieu de Guinée Equatoriale et président des Assemblées de Dieu d’Afrique Centrale ; le pasteur Gary Dickinson, missionnaire à Pointe-Noire (Congo-Brazaville) et Michel Freyd. Plusieurs autres invités ont honoré l’assistance de leur présence.
A l’occasion de ce 71ème anniversaire, le président Benjamin Jude N’Gouwa a décerné une distinction honorifique à plusieurs personnes, en reconnaissance de leurs longues années de fidélité et des nombreux services qu’ils ont rendus à l’Eglise Nationale. Parmi eux se trouvait le pasteur Emile Oguizi, 101 ans, doyen des Assemblées de Dieu du Gabon. Il marchait droit comme un i et montait les marches avec sa seule canne ! Il a déclaré ceci : « Maintenant, je suis vieux, je ne vois plus bien, je n’arrive plus à lire ma bible. Je souffre tantôt de céphalées. Il y a beaucoup de choses que j’oublie maintenant. Je lance un appel aux jeunes, celui d’offrir entièrement leur corps comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu ».
Lors de cette Convention, le Bureau National a pris la décision de consolider les organes directeurs des Assemblées de Dieu, par la création de nouvelles structures et la nomination d’un certain nombre de jeunes serviteurs de Dieu à des postes de responsabilité, en vue de la relève. Les structures à mettre en place sont les suivantes : une Action Missionnaire des Assemblées de Dieu du Gabon (AMIAD) – la direction nationale du Pentecôtisme (pour la sauvegarde et la perpétuation de l’héritage pentecôtiste et pour animer le programme de la Décennie du Pentecôtisme 2010-2020) – la direction nationale de la formation théologique (création de centres de formation dans les provinces, recyclage des serviteurs de Dieu et formation supérieure en théologie par la construction d’une extension de la Faculté de théologie de Lomé à Libreville) – la direction nationale de la sécurité sociale des Assemblées de Dieu (pour préparer la retraite des serviteurs de Dieu et donner à chacun un statut social minimal, acquisition d’un logement, encadrement des veuves).
Aujourd’hui, l’Eglise Nationale compte 20.000 membres, répartis en 114 lieux de culte, desservis par 50 serviteurs de Dieu reconnus, 17 stagiaires, environ 172 anciens, 111 diacres et 158 diaconesses. Deux instituts de théologie biblique fonctionnent à Libreville et Port-Gentil ainsi que trois centres de formation pour laïcs.
Un peu d’histoire
Formé dès son jeune âge chez les missionnaires de Ngômô, non loin de Lambaréné, Georges Oyembo (1880-1976) devint instituteur et exploitant forestier. Dans l'Eglise Protestante où il était très actif, chrétien à sa manière, il fit la connaissance de Gaston Vernaud, à l'époque artisan missionnaire.
Le réveil pentecôtiste qui éclata au Gabon dans les années 1935-36, bouleversa l'Eglise Protestante. Mais cette expérience de l'effusion du Saint-Esprit, suivie des confessions publiques, de la repentance, du baptême et du parler en langues, des miracles et guérisons divines ne fut pas bien accueillie par les dirigeants de l'Eglise qui prirent la décision d'éteindre ce feu.
Cette décision ne plut pas à Georges Oyembo qui déclara publiquement ne pas abandonner le Saint-Esprit, mais de travailler sous sa direction. Bien que condamné par la direction de l'Eglise Protestante de France, il ne désespéra pas. Ayant expérimenté la nouvelle naissance, il rentra dans son village d'Abelogo et ouvrit l'Eglise pentecôtiste et une école pour enseigner ses fidèles afin de leur permettre de lire la Bible dans leur langue vernaculaire.
Gaston Vernaud, ayant regagné sa Suisse natale après son exclusion de l'Eglise Protestante, entretenait une correspondance avec Eli, l'un des fils Oyembo. Un jour, il annonça à ce dernier son retour au Gabon. Le couple revint en 1939 et fonda la «Mission Evangélique de Pentecôte du Gabon », dans l'ancienne AEF (Afrique Equatoriale Française) avec le concours des frères Tata Emile Agaya, Mentchoua et Georges Ndjongue. Au moment où la Guerre éclate, perturbant la vie de la mission, qui fut évacuée, Maman Assengone hébergea le couple missionnaire pendant ces temps difficiles, à Avole Nzame (actuelle Avore Mbame), dans les environs d'Owendo. Dieu suscita des vocations parmi les jeunes d'Abelogo et d'ailleurs. La première Ecole Biblique vit le jour à Owendo. Les premiers élèves furent Ndjongue Georges, Rogombe Joseph, Oguizi Emile, Agaya Emile, Nguwa Edmond, Pono Oyembo Marc, etc.
En août 1959, l'oeuvre sera renforcée avec l'arrivée de deux nouveaux couples. Le pasteur Harold Fréret et son épouse, venant d'Alger, qui ne resteront qu’une année au Gabon. Et les missionnaires Bernard et Colette Lines qui seront sur la station Elim à Médouneu jusqu’en 1960 avant de s’installer dans la ville de Makokou d’où ils repartiront en juillet 1962 pour se rendre à Katadji, en Côte d’Ivoire.
C’est à partir de 1967, date d'un véritable réveil avec conversions, lors de l'arrivée des frères Jacques Giraud et Daniel Gerbore de l'Action Missionnaire des Assemblées de Dieu de France, que l’œuvre a fait un grand pas en avant. Ils restèrent un peu plus d’un an. (Pour de plus amples informations sur leur mission au Gabon, veuillez vous référer au livre de Daniel Gerbore : « Ils l’ont vu !... De l’Equateur au Grand Nord »). L’un d’eux a écrit : « Lorsque je suis arrivé à Libreville chez le pasteur Ndjongue (Les missionnaires Vernaud étant en congés), cent personnes étaient réunies le premier soir. Une femme marchant avec un bâton fut bénie. Deux jours après, elle était guérie.
L’auditoire ne cessa d’augmenter : 130 – 150 – 250 – 450, le cinquième soir 1 500 personnes… quelques miracles…je pense au garde du corps du Ministre de la Justice qui est venu avec sa petite fille infirme. Pendant la prière, elle dit : « Papa, je suis guérie ». Cet homme témoigne au Ministre qui nous demande de venir prier pour lui. Le Ministre de la Justice et celui de l'Intérieur vinrent plusieurs fois aux réunions.
Le sixième soir, 2 000 personnes se trouvent rassemblées.
L'Esprit de Dieu tombe sur l'auditoire: paralytiques, sourds, muets, furent guéris. La foule était émerveillée.
Le septième soir, nous nous installions sur la Place de l1ndépendance. Seize mille personnes étaient là ... je ne pouvais m'empêcher de remercier Dieu en pensant aux missionnaires et aux pasteurs qui depuis tant d'années priaient : A partir de ce jour, le frère Ndjongue et moi-même étions littéralement assail¬lis, lorsque nous allions en ville ... Dans une seule réunion, 47 paralytiques ont été guéris". Des baptêmes suivirent ces cam¬pagnes et les assemblées de Libreville et Port-Gentil prirent un essor particulier ». (Extrait de « Racontez ses merveilles » - Paul Calzada).
En 1968, le missionnaire Vernaud atteint par la maladie rentra en Suisse, laissant à Georges Ndjongue, dont Maman Assengone devint l'épouse, la présidence d'une œuvre dont il était le vice-président. Gaston Vernaud mourut le 6 mai 1970, à l’âge de 68 ans, après 38 années consacrées à l’évangélisation du Gabon. Son épouse Clara a été reprise par le Seigneur, il y a quelques années, dans une maison de repos en Alsace. La relève a été assurée par les nationaux. Mais la relation avec l’Action Missionnaire a été maintenue et le pasteur Jean Ollé a fait plusieurs voyages au Gabon en 1973, 1974 et par la suite.
Toute cette génération de serviteurs de Dieu a su conserver et transmettre le feu du réveil de 1935-36. Depuis lors, le feu de la Pentecôte brûle. Il brûlera continuellement, il ne s'éteindra pas.
Michel Freyd
Légende photo :
Feu Gaston Vernaud Apôtre missionnaire et Clara Vernaud ,son épouse.
Décédé le 6 mai 1970 à l’age de 68 ans après 38 ans consacrés à l’évagélisation du Gabon. |